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Probiotiques pour chevaux : lequel choisir ?
Le guide ultime pour ne plus s’y perdre
Probiotiques, prébiotiques, postbiotiques, levures vivantes, aliments fermentés, soutien de la barrière intestinale… Vous vouliez simplement aider le système digestif de votre cheval et vous vous arrachez les cheveux ?
Face aux nombreux produits disponibles, une question revient forcément :
Alors ? Lequel choisir pour mon cheval ?
Dans cet article, je ne vais pas tenter de comparer tous les compléments digestifs disponibles sur le marché — la liste serait longue, très longue ! Je vous présente ici les produits que j’ai sélectionnés et que je propose à la boutique, avec leurs différences, leurs points forts et surtout les situations dans lesquelles je trouve chacun d’eux intéressant.
Cette sélection n’est donc pas exhaustive et n’a pas vocation à établir un classement universel du « meilleur probiotique ».
Car surprise : le plus cher ou le plus concentré n’est pas forcément le meilleur choix. Le bon produit, c’est avant tout celui qui correspond aux besoins de votre cheval.
Alors… on démêle tout ça ?
Avant tout : probiotiques, prébiotiques et postbiotiques, c’est quoi ?
Petit rappel pour bien comprendre ce que l’on achète.
Ce sont des micro-organismes vivants qui, lorsqu’ils sont apportés en quantité adéquate, peuvent contribuer à l’équilibre de la flore digestive.
Chez le cheval, les compléments utilisent notamment certaines souches de Saccharomyces cerevisiae, une levure vivante.
Leur concentration est généralement exprimée en UFC – unités formant colonies.
Et attention : plus d’UFC ne signifie pas automatiquement meilleur produit.
La souche utilisée, la quantité réellement distribuée chaque jour et les autres ingrédients de la formule ont également leur importance.
C’est une question importante.
Lorsqu’un complément annonce plusieurs milliards d’UFC, cela correspond à la quantité de micro-organismes vivants présente ou garantie dans le produit selon les conditions indiquées par le fabricant. Cela ne signifie pas que cette même quantité atteindra vivante le gros intestin du cheval.
Avant d’arriver à destination, les micro-organismes doivent notamment résister aux conditions rencontrées tout au long du tractus digestif. Leur survie et leur activité peuvent varier selon la souche utilisée, sa préparation, la dose distribuée, le produit et le cheval lui-même.
Les connaissances scientifiques chez le cheval continuent d’évoluer et les résultats concernant les probiotiques ne sont pas uniformes selon les études et les souches étudiées.
C’est pourquoi je considère le nombre d’UFC comme un élément de comparaison intéressant, mais certainement pas comme un classement à lui seul.
En clair : 70 milliards sur l’étiquette ne signifient pas nécessairement 70 milliards de petits soldats arrivant vaillamment jusqu’au gros intestin.
Contrairement aux probiotiques, ce ne sont pas des micro-organismes vivants.
Ce sont des substrats utilisés par certains micro-organismes de l’intestin. On peut notamment retrouver des FOS, de l’inuline ou certaines fibres dans les compléments digestifs.
En très simplifié :
probiotiques = on apporte des micro-organismes
prébiotiques = on nourrit certaines populations du microbiote
Ce sont des composés issus de l’activité ou de la fermentation des micro-organismes.
Ils permettent donc une autre approche du soutien digestif, sans nécessairement reposer uniquement sur l’apport de micro-organismes vivants.
Et certains produits combinent plusieurs de ces stratégies.
Pour l’entretien du microbiote au quotidien
Le profil : le cheval qui va globalement bien mais dont on souhaite soutenir la digestion et le microbiote.
Proferm est un son d’amidon fermenté contenant notamment Lactobacillus plantarum, Lactobacillus casei et Saccharomyces cerevisiae.
Sa particularité réside dans son processus de fermentation et dans les différents métabolites issus de celui-ci.
Je le choisirais pour :
– soutenir le microbiote au quotidien ;
– accompagner une transition alimentaire ;
– soutenir la digestion ;
– accompagner un cheval dont les crottins ont été ponctuellement perturbés ;
– faire une cure d’entretien sans forcément sortir l’artillerie lourde.
C’est un peu l’entretien régulier du système digestif avant que celui-ci décide de déposer une réclamation officielle.
Pour le cheval qui cumule digestion, stress et perte d’état
FlorePulse adopte une approche beaucoup plus large.
Il contient des levures vivantes, des composants de levures, des céréales fermentées, mais également de la chicorée, du lin, du fenugrec et de la guimauve.
Sa formule contient également de la clinoptilolite, utilisée comme liant.
La teneur annoncée en Saccharomyces cerevisiae CNCM I-4407 est de 1,6 × 10¹¹ UFC/kg.
Mais son intérêt ne se résume justement pas au nombre d’UFC.
Je le choisirais pour :
C’est celui que j’aime lorsque plusieurs petits voyants digestifs commencent à s’allumer en même temps.
Probiotiques + prébiotiques : la cure ciblée
Probio’Horse passe clairement dans la catégorie des cures probiotiques renforcées.
Sa formule associe deux apports de Saccharomyces cerevisiae, dont une préparation annoncée à 4 × 10¹² UFC/kg.
Mais ce qui le différencie est également la présence de :
Il combine donc apport de levures vivantes, prébiotiques et fibres.
Je le choisirais pour :
Une formule intéressante lorsqu’on ne veut pas seulement apporter des levures vivantes mais également travailler sur leur environnement.
Pour une cure intensive de la flore et de l’assimilation
Reverdy Flore est le poids lourd de la sélection en termes de concentration annoncée en levures vivantes.
Il apporte Saccharomyces cerevisiae Sc47 à 2 × 10¹² UFC/kg.
À la dose d’entretien recommandée de 35 g par jour, cela représente environ :
70 milliards d’UFC par jour.
Mais Reverdy Flore ne contient pas uniquement des probiotiques.
Il associe également des facteurs d’assimilation issus de la fermentation lactique de grains d’orge germés et des ferments de céréales biologiques, présentés comme postbiotiques.
Cette association vise à soutenir la flore et la digestibilité de la ration.
Je le choisirais pour :
Si votre priorité est vraiment : « je veux soutenir sérieusement sa flore », c’est probablement celui vers lequel je vous orienterais en premier.
Quand on veut aller au-delà des probiotiques et soutenir la barrière intestinale
Permea’Gut est souvent rangé parmi les probiotiques, mais ce serait assez réducteur.
Sa formule classique contient notamment :
Sa concentration en probiotiques est moins importante que celle de Reverdy Flore ou Probio’Horse, mais ce n’est pas là que réside principalement son intérêt.
Sa formule est construite autour du soutien nutritionnel de la muqueuse et de la barrière intestinale, notamment grâce à sa forte teneur en glutamine.
Je le choisirais pour :
C’est le produit le plus spécifique de cette sélection et certainement pas celui que je conseillerais systématiquement.
Si votre cheval a simplement besoin d’une cure de flore, il existe des solutions moins coûteuses et plus ciblées.
Bon ben voici un tableau récap pour vous simplifier la life 🙂
Et après des antibiotiques ?
C’est probablement la situation dans laquelle on me demandera le plus souvent :
« Je lui donne lequel ? »
Pour une cure principalement destinée à soutenir la flore, je regarderais en priorité :
Reverdy Flore ou Probio’Horse.
Reverdy Flore apporte une quantité particulièrement élevée de levures vivantes et des produits de fermentation.
Probio’Horse apporte des levures vivantes associées à des FOS/prébiotiques et des fibres.
Si le cheval présente parallèlement une sensibilité intestinale plus complexe et que l’objectif est également de soutenir la barrière intestinale, Permea’Gut peut devenir plus pertinent.
Le plus concentré est-il forcément le meilleur ?
Non.
Et c’est probablement le point le plus important de cet article.
Donner une formule très concentrée à un cheval qui n’en a pas besoin n’est pas forcément plus intéressant.
De la même manière, choisir Permea’Gut uniquement parce qu’il est plus cher serait une erreur : son prix correspond à une formulation beaucoup plus spécifique, notamment très riche en glutamine.
Le bon complément est celui qui correspond au problème que l’on cherche réellement à accompagner.
Avant de choisir un complément, posez-vous trois questions :
1. Mon cheval présente-t-il réellement un trouble digestif ou suis-je dans une logique d’entretien ?
2. Est-ce la flore que je veux principalement soutenir, ou existe-t-il une problématique digestive plus globale ?
3. Y a-t-il une cause à rechercher derrière les symptômes ?
Parce qu’un pot de probiotiques, même excellent, ne corrigera pas une ration inadaptée, un fourrage problématique, un stress chronique, une maladie digestive ou une autre cause médicale.
Et lorsqu’un cheval présente une diarrhée persistante, des coliques, une perte d’état inexpliquée, une baisse importante d’appétit ou des symptômes qui durent, le complément alimentaire passe au second plan : vétérinaire d’abord.
Le système digestif mérite qu’on s’en occupe. Mais pas qu’on lui attribue tous les problèmes de la planète.
Réfléchis bien 😉 des bises !